Menage des chevaux de trait

mardi 6 mai 2014
popularité : 30%

Le portrait du formateur Claude Sandillon :

Le travail avec les chevaux, je suis tombé dedans quand j’étais petit (9-10 ans). Mon père travaillait dans une ferme dans le Poitou avec deux chevaux de trait (hongres de type Breton), un cheval bai de 7 ans (Gamin) et un cheval aubère de 11 ans (Tango). C’était la seule force de travail présente sur la ferme (polyculture élevage sur 18 ha environ, avec des vaches laitières).

Tous les transports (foin, paille, bois, fumier, vendanges,…) se faisaient avec des charrettes et tombereaux à deux roues, attelés en flèche ; tous les travaux (labour, cultivateur herse, foins moissons,…) se faisaient en paire. De beaux moments et de belles images sont restés dans ma mémoire.

J’ai toujours pensé qu’un jour je retrouverais des chevaux de trait… Ce qui est arrivé à partir de 1983, par le biais du tourisme attelé (un grand bonheur !).

J’ai créé avec des copains, en 1985, une association pour mettre en place un projet de séjours itinérants en roulottes et en carrioles. Pendant 18 ans j’ai organisé des séjours avec différentes structures (des écoles, des centres de vacances, des groupes de personnes handicapées, des familles,…) avec lesquelles on partait, par exemple, avec quatre attelages, six chevaux, vingt cinq enfants et six personnes à l’encadrement, sur les routes et les chemins de l’Aude. Sacrée organisation en plus de tous ces moments de rencontres, d’échanges et de partage avec les chevaux !

J’ai suivi la première année de formation d’un BPA (polyculture, élevage). J’ai fait une formation de 300 heures sur le dressage et l’éducation des équidés et de nombreux stages sur la mise en place et le travail « à pied » des chevaux.

J’ai voulu travailler le sol comme le faisait mon père, alors j’ai récupéré du vieux matériel : charrues (brabant, balance,…), cultivateurs, herses, émousseuse, etc... Mon objectif était d’entretenir les chevaux qui ne faisaient rien en dehors de la saison touristique. Après pas mal de difficultés telles que la mesure de la capacité de travail des animaux, l’attelage en paire, le réglage les outils, j’ai réussi à travailler à peu près correctement et j’ai mesuré combien le professionnalisme quotidien de mon père était fait d’une kyrielle de petits trucs, laissant apparaître une soi-disant facilité.

Meneur-accompagnateur en tourisme équestre (MATE), j’ai aujourd’hui le galop 7 d’attelage ; je prépare le brevet professionnel attelage (BPJEPS) en validation des acquis et de l’expérience (VAE). J’ai passé plusieurs années à animer la commission départementale d’attelage, en organisant des formations et des concours. J’ai également fait partie du jury régional pour l’examen d’obtention du diplôme de MATE et participé à l’encadrement de plusieurs sessions de formation de meneur. J’ai participé également à plusieurs manifestations avec les chevaux (attelage, démonstration de labour,…).

Lors d’un événement dans l’Hérault, j’ai rencontré des membres de l’association PROMMATA. Nous avons organisé, en 1997, des Journées Techniques sur la traction animale chez un maraîcher bio dans l’Aude. Chacun de nous amenait son savoir-faire, moi je fournissais les chevaux et eux le matériel (Polynol, Kanol, Kassine). Je découvrais PROMMATA, la passion de ses adhérent pour le travail avec les animaux, ainsi qu’un autre regard sur l’agriculture. Je suis rentré dans l’équipe des formateurs en 1998 pour animer le module : utilisation, menage et entretien des chevaux de trait en agriculture.

Depuis, j’ai rencontré beaucoup de personnes à travers les stages et les Journées Techniques, portant un projet en traction animale. Un petit nombre de stagiaires s’est installé et a pu mener son projet jusqu’au bout. Quand on les revoit on partage un chemin, une histoire, des idéaux et le sentiment qu’un travail de fond se fait, qu’une autre agriculture est possible et rien que pour cela, ça vaut le coup de consacrer du temps, beaucoup de temps, sur le terrain.
Aujourd’hui avec la complicité et le savoir de Chantal (A.T.E, MATE, galop 7 attelage), on propose une formation où l’on essaie d’aborder sur une semaine (voir plus) tous les aspects (ils sont très nombreux) de la traction animale au quotidien. De créer cette relation privilégiée entre l’être humain et l’animal qui permet un plaisir, un autre regard, une autre façon de travailler, de courtiser la terre.

Ce qui reste important à privilégier c’est le suivi et l’accompagnement de ces stagiaires qui s’installent en traction animale. Car l’histoire de chacun, même si elle comporte les mêmes ingrédients, sera différente d’un cas à l’autre. Cette diversité sans cesse renouvelée est intimement liée au fait de travailler avec et pour du vivant et c’est ce qui en fait la richesse.


CHAÎNE VIDÉO DE PROMMATA  | 
Soutenir par un don